ASSE : Des comptes dans le rouge qui pourraient transformer l’avenir du club à jamais
L’AS Saint-Étienne connaît actuellement une transformation majeure de sa structure financière. Depuis le rachat par Kilmer Sports, le club affiche des déficits récurrents. Cette rupture contraste fortement avec la gestion antérieure de Romeyer et Caïazzo, qui maintenait des comptes équilibrés. Les nouveaux dirigeants ont délibérément changé de cap stratégique pour reconstruire l’institution.
Sous l’ancienne direction, l’équilibre budgétaire reposait sur des ventes régulières d’actifs et une gestion très prudente. Cette approche a progressivement affaibli le club financièrement. Les fonds propres avaient atteint un niveau critique au moment de la vente en 2024. Cette stabilité apparente cachait une absence réelle de création de valeur pour le club.
La saison 2025 affiche une perte nette de 30 millions d’euros, un niveau record. Cependant, environ 11 millions correspondent à l’acquisition de Sportfive, un investissement commercial stratégique. La perte opérationnelle réelle se situe plutôt autour de 19 millions. Ce chiffre reflète les nouveaux choix d’investissement plutôt qu’une mauvaise gestion.
Les charges d’exploitation ont augmenté de 30 pour cent, dépassant 71 millions d’euros. La masse salariale a bondi de 47 pour cent pour atteindre près de 30 millions. Ces hausses correspondent à une politique sportive plus ambitieuse et aux besoins structurels d’un club revenu en Ligue 1. C’est le coût d’une reconstruction sérieuse.
Les revenus ont progressé de 19 à 28,8 millions d’euros grâce au retour en première division. Le sponsoring génère 12,9 millions, la billetterie 8,6 millions, et les droits audiovisuels 7,2 millions. Toutefois, cette augmentation reste insuffisante pour compenser l’explosion des dépenses.
L’endettement total atteint 52,35 millions d’euros, en augmentation de 15 millions annuels. Kilmer Sports a injecté 65 millions d’euros en fonds propres depuis son arrivée. Cette stratégie d’investissement contraste totalement avec l’ancienne approche basée sur les ventes d’actifs. Le nouveau propriétaire mise sur la création de valeur à long terme.
Ces résultats déficitaires représentent un pari assumé et non une dérive incontrôlée. L’ASSE abandonne la logique court-termiste pour se reconstruire durablement. Les investissements en recrutement, en commercialisation et en infrastructure visent une solidité future. Le succès du projet dépendra de la transformation de ces dépenses en performances concrètes.





